Qu’est-ce que le coaching ?

Qu’est ce que le coaching ? Les intelligences multiples en pratique

Le domaine des intelligences multiples nous apprend que le coaching n’est aucunement un amalgame de techniques que l’on appliquerait en mode automatique, à la manière de recettes de cuisine. Le coaching, c’est l’art d’accompagner une personne afin de faire émerger chez lui des réponses qui sont enfouies. Cette pratique découle directement de la manière dont, en Grèce antique comme en Chine, on pilotait un char, on observait le terrain et, surtout, on s’ajustait à ce qui était capté de l’environnement.

Lorsque l’on m’interroge sur le sujet, je préfère dire que le coaching s’adresse aux personnes qui ressentent le besoin d’être accompagnées pour mieux vivre, pour comprendre leurs problématiques et atteindre le relâchement de l’ici et du maintenant qui est la clé de la réussite.

Ce qu’un coach n’est pas

Un coach n’est pas :

  • un consultant qui apporte des solutions,
  • un entraîneur,
  • quelqu’un qui apporte des recommandations,
  • un formateur qui transmet des savoirs et des connaissances,
  • un thérapeute,
  • une boîte à outils,
  • quelqu’un qui vient avec une méthode formatée qu’il suffit d’appliquer pour parvenir à des résultats.

Mais alors quel est mon métier ?

J’aime utiliser l’image d’une boîte de Pétri, utilisée par les biologistes pour les cultures des micro-organismes qu’ils étudient dans leurs laboratoires.

Le coaché est au centre de la boîte, le coach, lui, doit veiller au substrat qui permettra au coaché de se développer.

Il y a là une tâche délicate : coacher est un art qui obéit à un cadre précis. L’approche minimaliste est fondatrice de cet art, elle en est le mur porteur : le coaché doit aller chercher, seul, les réponses enfouies en lui.

Un bémol toutefois : ma pratique m’a fait comprendre qu’en aidant le coaché à reconnaître ses propres aptitudes, ses propres intelligences, en le guidant pour repérer ses moteurs intimes, ce travail de fouille, cette quête du diamant brut qui est en lui, en sera plus aisée.

Il y a donc là un jeu d’équilibre très délicat ! Le coach est simplement en mesure de créer les sillons pour que le coaché se les approprie.

Phil Jackson, l’entraineur de l’équipe de basket-ball américaine des Los Angeles Lakers a une posture de coach : il conseille ses basketteurs jusque dans leurs lectures pour guider leur âme vers la paix intérieure en fonction des aptitudes de chacun.

  • Le pivot de l’équipe californienne, Shaquille O’Neal, a reçu « Ecce Homo » de Nietzsche,
  • Kobe Bryant, « White boy shuffle », l’histoire d’un jeune Noir qui a grandi dans un quartier blanc.

Phil Jackson leur donne le livre, mais il les laisse trouver eux-mêmes, dans ce livre, ce qui les nourrira. Il leur fournit la clé, mais c’est à eux de l’introduire dans la serrure puis d’ouvrir la porte…

C’est le coaché qui trouve son coach

Etrangement, mon expérience m’a montré que ce n’est pas le coach qui trouve le coaché, mais le coaché qui trouve son coach – celui avec qui il est réellement en résonnance.

Le principe fondateur est que tout ce qui est appris par le coaché de lui-même est beaucoup plus fort que ce qui est dicté ou conseillé.

Un coach n’est donc jamais dans la posture de conseil. Il est un miroir. Son projet est l’accompagnement individuel d’une personne afin de lui permettre d’atteindre ses objectifs opérationnels ou des changements comportementaux. Ou l’accompagnement d’une équipe : il s’agit alors d’une vision systémique qui s’appuie sur les interactions posant problèmes.

Le coaching est limité dans le temps, six mois en règle générale, au contraire d’une thérapie, afin de ne pas développer une dépendance du coaché à son coach.

Trois entités dans le coaching

Trois entités interviennent dans une séance de coaching :

  1. le coach,
  2. le coaché,
  3. l’objet que traite la question du coaché, c’est-à-dire la problématique qui l’anime au moment où il débute la séance.

Un coach ne s’intéresse jamais à l’objet. D’ailleurs, plus il en est éloigné, mieux c’est. On ne lui demande ni d’enseigner les techniques de prise de la raquette par le tennisman, ni celles du management ! Son objet réel, le but ultime qu’il vise, c’est le lâcher-prise du coaché, son appréhension de l’ici et du maintenant, sa liberté et son intuition, afin de pouvoir agir en pleine conscience face aux diktats qu’impose la performance, dans différentes situations.

Et pour finir, une citation :

« Si vous mettez des barrières autour des gens, vous obtiendrez des moutons. Accordez-leur l’espace dont ils ont besoin »

William L. McKnight, patron d’IBM.

Franck Piccard, champion de ski

Ses phrases glissent au rythme d’un slalom géant.

« J’ai eu la seule médaille d’or française de ski aux Jeux Olympiques de Calgary, en 1988. A l’approche des Jeux Olympiques d’Albertville, je me suis retrouvé être le seul espoir français. Mais, à six mois des jeux, j’étais quand même à six secondes des meilleurs. Un gouffre. Jean-Pierre Puthod, qui présidait la Fédération française de ski, m’a conseillé de voir un vrai coach, c’est-à-dire quelqu’un qui ne sera pas dans la projection. Avec lui, j’ai repris l’essentiel de ce qui fait un skieur, non pas sur le plan technique, mais sur le son de la glisse, la visualisation, la reconnaissance, les trajectoires, soit le développement d’autres intelligences. Chaque course était un laboratoire, et nous procédions par étape. Très rapidement, mes chronos sont redevenus bons. Il me fallait chercher ma personnalité en dessous de la pression environnante, retrouver le skieur au-delà du champion. En trois semaines j’ai atteint l’équilibre, la performance. Mon coach m’avait donné les moyens de comprendre tout seul, et j’ai pu ensuite prolonger ma carrière… »

Franck Piccard sera médaille d’argent aux Jeux d’Albertville.